Une fonderie pour tous

05/06/2013 11:28

Le but de ce projet est de réunir des cultures differentes : celle des ingénieurs et celle des créateurs en design, celle aussi d'informaticiens un peu « geeks » , qu'ils soient designers ou ingénieurs , la finalité résidant dans la réalisation d'un « pack créatif » faisant appel à des technologies évoluées comme à des techniques ancestrales.
Le but : mettre à disposition , sous n'importe quelle latitude, une mini-chaine de production d'objets de taille réduite, le tout devant avoir des propriétés de coût, d'encombrement, et de mobilité.
Coût minimum, idem pour l'encombrement et mobilité maximum!
Les postes de production étant :
Une conception assistée par ordinateur « CAO logiciel 3d »(logiciel libre)
Une possibilité de scanner en 3d des objets réalisés à la main.(logiciel libre)
Une « imprimante 3d » (petite machine réalisant de petits objets en logiciel libre)
Une petite fonderie mobile faisant appel à la technique de la « cire perdue » en licence libre

Le tout devant « tenir » dans une benne de 4X4 ou une petite camionnette.
Le but : Ce matériel pourrait servir à toutes formes de créations à l'égard de tout public en occident pour des initiations diverses à la création d'objets , écoles, lycées et collèges , maisons des jeunes associations etc....
Ailleurs , pour des pays dénommés comme « émergents » mais qui ont, eux aussi, besoin d'avoir la possibilité de réaliser des objets sans passer par des marchés couteux et éloignés.

La position et la philosophie de « La Rotonde » devant servir à fédérer les disciplines.
La nature de ce projet fait état de notre environnement actuel et fait appel aux idées du moment:
Une mutualisation des connaissances, voire également le partage de ces connaissances, l'échange , tout pourrait ainsi se résumer par cette courte phrase de Victor Hugo , un peu lapidaire certes mais tellement vraie : « Tout pour tous! »
Ou par une autre approche, plus ancrée dans la réalité: « Les logiciels libres sont , aujourd'hui, un enjeu capital, dans la mesure où ils peuvent permettre de comprendre comment la mutualisation des connaissances et la coopération peuvent fonder une alternative à la monopolisation dans des domaines intensifs en connaissance. »

Le logiciel libre et sa philosophie
Le logiciel libre est une question de liberté : tout le monde devrait pouvoir être libre d'utiliser des logiciels de toutes les façons qui sont utiles socialement. C'est pour cette raison que ce projet est essentiellement fondé sur l'esprit du libre et par le libre.
Le logiciel diffère des objets matériels (tels que des chaises, des tables, des voitures ou des chaussettes) en ce qu'il peut être copié et modifié beaucoup plus facilement.
Ces possibilités rendent le logiciel aussi utile qu'il peut l'être.
L'expression « Logiciel libre » fait référence à la liberté pour les utilisateurs d'exécuter, de copier, de distribuer, d'étudier, de modifier et d'améliorer le logiciel.
Rappel des règles
La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin, (liberté 2).
La liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté liberté 3). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.

L’esprit des geeks, créativité et liberté : d'où la nécessité du libre.
L’esprit geek c’est la créativité et la liberté, et ces deux éléments passent par la capacité d’action sur la technique et donc l’affranchissement des contraintes techniques.
Il « doit tout savoir, pour ensuite aller plus loin que les/ses connaissances ».
Ainsi, comme Picasso faisant des milliers de copies pour maîtriser la peinture et ensuite la déconstruire de manière innovante, l’imaginaire autour du geek le présente quasiment comme un artiste cherchant à s’affranchir des contingences triviales de la technique.
Un programmeur tentant de présenter son travail confirme cela en déclarantsur un forum « les geeks, ce ne sont pas que des experts, ils ont toujours une composante artistique ». Il fait ensuite une comparaison entre les geeks et un joueur de piano qui accorde son instrument selon ses goûts et ne fait plus qu’un avec lui.
Et c’est justement cette dernière que l’on retrouve dans le lien qui unit le stéréotype du geek informatique et les logiciels libres.
L’exemple le plus célèbre et le plus mis en saillance est le système d’exploitation Linux.
Pour le site « copine de geek », « les geeks "libristes" sont de plus en plus nombreux ».

Logiciels libres, une approche idéologique de l’informatique :
Alors pourquoi tout ce qui est lié aux logiciels libres est-il si important dans cet imaginaire geek ? Ils permettent tout d’abord de s’affranchir des grands groupes de production informatique, tout comme le bricolage est un moyen de résister aux fabricants de matériels qui cultivent l’obsolescence.
La cible principale des attaques, et c'est naturel : est Microsoft. 
La position quasi hégémonique de cette entreprise et ses stratégies de conservation en font le sujet privilégié des quolibets et une forme de symbole de tout ce que les geeks détestent.
On retrouve là l’idée du vrai geek qui fait des choix idéologiques dans sa manière de consommer et d’aborder la technique.
Les logiciels libres et leur gratuité sont pour les geeks un moyen supplémentaire de ne pas tomber dans l’attitude consommatrice qu’ils reprochent à la masse de la population.
Le second avantage des logiciels libres est que chacun peut participer à leur élaboration. Cela crée un sentiment communautaire par le biais de la création collective, « grâce à Internet les geeks forment un grande communauté qui développe des outils informatiques "pour le plaisir" ».
Ce qui sous-tend tout ces propos, c’est une idéologie de la liberté et de la fraternité, face aux contraintes libérales qui nous divisent, qui n’est finalement qu’une version actualisée des nombreux mouvements libertaires qui ont émaillé l’histoire.
Le geek se conçoit de ce point de vue à la fois comme membre d’une élite et d’un mouvement vaste de résistance.
On peut retrouver cet esprit par exemple dans l’encyclopédie libre Wikipedia, qui permet à chacun de participer au contenu. La preuve du lien entre l’esprit du logiciel libre, les geeks et Wikipedia est ce type de propos relativement courant chez ses détracteurs : « c’est un gros truc de geek plutôt qu’une vraie encyclopédie, y’a qu’a voir les articles sur les logiciels, la programmation ou le vocabulaire informatique qui sont mille fois plus nombreux que ceux sur l’histoire ou la littérature ». Si ce discours très critique doit être relativisé, il apparaît en effet que les possibilités vastes offertes par le système peu contraignant de Wikipedia permettent à l’informatique et à internet d’avoir une place qu’une encyclopédie plus classique ne leur laisse clairement pas.
Le geek veut donc créer, « l’invention est sa satisfaction, l’objet de son désir » car cela lui permet de faire partie du groupe et de résister à ceux « qui auraient l’exclusivité de la programmation » et les logiciels libres sont une réponse idéale à toutes ces envies.
Alors, même ceux qui ne participent pas à leur création soutiennent cette approche idéologique et communautaire de l’informatique avec des discours tels que « vive le libre, a bas les industries qui nous bouffent, si j’avais le temps d’aider je le ferais, le libre pour le geek c’est comme la Mecque pour le musulman, on finit toujours par y venir ».
C’est finalement une approche assez manichéenne du rapport entre consommateurs et industries qui traduit toutefois un certain idéal de création et de rapport à l’outil informatique que les représentations médiatiques à propos du geek « fou d’informatique » ignorent bien souvent.

http://www.emse.fr/CSL/